Fix Auto - Index

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« Les propriétaires
d’ateliers regardent leur
entreprise avec des yeux
de réparateurs, et non
d’hommes d’affaires. Ils
ne rendent pas service à
leurs actionnaires...
»
même s’ils sont
le seul actionnaire
de l’entreprise.
22 || MARK MAGAZINE
Le problème n’est pas aussi important dans
les petites localités. Les marchés de 250 000 à
500 000 habitants seront affectés plus tard,
mais ceux d’un million d’habitants seront
touchés en premier parce que c’est là que les
compagnies d’assurance ont la plus grande
concentration d’assurés. C’est aussi là que les
consommateurs dépensent le plus. C’est donc
là que les compagnies d’assurance ont besoin
de la meilleure performance. Elles vont sans
doute implanter des réseaux dans ces zones
largement peuplées, et les professionnels qui
ne seront pas capables de se montrer performants
verront leur entreprise décliner ou
passer en d’autres mains.
M Constatez-vous l’émergence d’une nouvelle
génération de propriétaires d’ateliers ?
RS Je ne vois aucun signe évident de la venue
d’une « nouvelle vague » dans le secteur.
Traditionnellement, les ateliers de carrosserie
se transmettent d’une génération à l’autre. Ce
n’est pas mon cas : mes parents n’étaient pas
dans ce secteur d’activité, et je n’avais aucune
connaissance du sujet. En réalité, la nouvelle
génération que je distingue se compose d’importants
conglomérats commerciaux. Et, si
nous voulons continuer en affaires, nous
devons trouver les moyens d’acquérir la taille,
l’envergure et la force nécessaires pour fonctionner
comme ces conglomérats qui envahissent
le marché aujourd’hui.
M Donc, vous vous attendez à d’importants
changements sur le plan de la concurrence ?
RS Tout à fait, et cela pour plusieurs raisons.
Premièrement, nous avons affaire à des gens
très brillants qui sont orientés « business ».
Deuxièmement, ils se servent du capital
d’une façon traditionnellement inconnue au
sein des ateliers de carrosserie. Par exemple,
ils ont recours aux économies d’échelle pour
réduire leurs coûts d’exploitation. Ils sont
capables de réaliser des montages financiers
créatifs et de proposer aux compagnies d’assurance
de nouveaux incitatifs pour traiter
avec eux. Bien que ces pratiques soient relativement
nouvelles dans le domaine de la carrosserie,
elles sont déjà largement répandues
dans la plupart des autres secteurs. Il s’agit là
d’une menace sérieuse, surtout pour ceux qui
n’en sont pas conscients.
M Quel conseil donneriez-vous aux carrossiers
qui désirent relever ce défi ?
RS La première chose que je leur dirais, c’est
d’analyser leur degré de performance en se
demandant : « Si j’étais propriétaire de cette
compagnie, est-ce que je m’embaucherais
pour faire le travail que je fais ? Est-ce que
mon travail apporte quelque chose au développement
à long terme de l’entreprise ?
» Le propriétaire exploitant doit prendre du
recul et considérer la situation du point de
vue de l’actionnaire : « Est­ce que j’embaucherais
cette personne pour qui la tâche consiste
à développer son activité et à respecter
tous les préceptes commerciaux nécessaires
à sa croissance ? Est­ce que je lui verserais le
même salaire ? » Avoir un plan et le mettre
en application : voilà quel serait mon premier
conseil. Mon deuxième conseil serait
d’accorder plus d’importance à la formation
et de rehausser la dynamique du secteur de
la carrosserie. Ma troisième décision serait, à
défaut de pouvoir étendre ma part de marché
sur mon territoire, de m’assurer d’établir
une barrière à l’entrée pour les conglomérats
commerciaux. J’essaierais donc de m’associer
à d’autres ateliers. Pourquoi croyez­vous
que les poissons nagent en banc ? C’est pour
se protéger des prédateurs. Nous sommes
comme les animaux : il faut se tenir groupés
quand on ne peut pas être le plus gros. C’est
assurément vers ces formules que je me tournerais
pour survivre dans un environnement
qui évolue et développer mon entreprise !